mardi 7 juillet 2009

La suite 2

J'ai supprimé hier le blog que j'avais créé il y a deux semaines, M. Chapeau et les fleurs. J'étais alors sous le choc, au bord du gouffre, et j'avais besoin de quelque chose à quoi m'accrocher. Je pensais que je trouverai un soutien chez d'autres fleurs, ou dans le libertinage. J'ai compris ces derniers jours qu'il n'en serait rien.

Voir des couples heureux s'amuser ensemble m'a fait penser à ce que j'avais perdu. Envisager d'autres relations ne m'a pas fait oublier Mlle Coquelicot. Être rejeté par tous a été plus dur que je ne saurais l'exprimer. Cet avenir-là m'est soudain apparu comme un gouffre plus profond et plus noir encore que celui auquel j'essayai d'échapper.

Je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait, mais je sais maintenant que j'ai agi avec précipitation en suivant les injonctions de Mlle Coquelicot de me reconstruire au plus vite. C'est impossible. Je ne suis pas prêt, et cela ne peut que nous faire du mal à tous les deux.

J'ai donc détruit ce nouveau blog, annulé mes inscriptions à des sites de rencontre, éteint MSN. Parallèlement, j'ai remis mon alliance qui me brûlait la peau depuis trois semaines, mais qui me semble un symbole d'apaisement aujourd'hui. J'ai rechangé mon statut amoureux dans Facebook. J'ai à nouveau imploré Mlle Coquelicot de se laisser du temps afin de se lancer dans une séparation irréparable.

J'ai agi avec précipitation, avec l'intention de me sauver, et j'ai failli me perdre. J'aime toujours Mlle Coquelicot, plus encore qu'auparavant, puisque je sais que je ne peux pas vivre sans elle. Tout, autour de moi, me rappelle Mlle Coquelicot ou des souvenirs communs.

Une simple ballade dans Paris et je la vois gravir les escaliers de la tour Eiffel, je nous vois chercher ensemble le bar de La double vie de Véronique dans la gare St Lazare, je marche avec elle dans les rues, j'ouvre la bouche pour lui faire des commentaires sur ce que je vois dans les vitrines. Mais elle n'est pas là.

Quelqu'un m'a dit que la douleur d'une séparation n'était pas proportionnelle au temps passé ensemble, mais aux projets que l'on avait avec l'autre. Certes, nous avons déjà passé 18 ans ensemble, mais dans ma tête, ce n'était qu'un début. Je voulais passer toute ma vie avec Mlle Coquelicot, être l'homme d'une seule femme, vieillir avec elle, mourir avec elle. 18 ans, c'est beaucoup, mais je pensais que nous avions encore au moins le double devant nous.

Les six derniers mois ont vraiment été les plus heureux de ma vie. Nous étions enfin en phase tous les deux, nous gérions mieux notre travail pour avoir du temps pour nous, je m'occupais des enfants et je passais de chouettes moments avec eux. Avec Mlle Coquelicot, nous étions enchantés de notre amour mutuel, de notre complicité, de notre franchise totale l'un envers l'autre. Nous nous disions que jamais nous n'avions été aussi amoureux tous les deux.

Jusqu'à la rupture. Soudaine, brutale, froide. Incompréhensible de l'extérieur.

Je suis désolé, Mlle Coquelicot, d'avoir mal réagi. Je ne sais pas ce que j'aurai dû faire, mais chercher si tôt d'autres fleurs était une erreur, une affreuse et grossière erreur.

Une seule fleur peut me rendre heureux, c'est toi, mon Coquelicot.

Pour autant, je sais que tu es convaincue de ne plus pouvoir vivre avec moi, que la décision est claire dans ton esprit. Et même plus que cela, je pense que tu as eu raison de m'éloigner puisque ma présence t'es devenue insupportable. Je ne veux pas te faire de mal, te rendre malheureuse.

Mais, je t'en prie mon Amour, laisse-toi du temps avant d'entériner de façon définitive cette décision devant un banquier, un notaire ou un avocat. Ne t'endette pas sur 25 ans pour m'éloigner au plus vite ou me rendre heureux malgré moi. Ce n'est pas ce que je veux.

Je peux vivre au loin et de pas grand-chose, pendant un an. Te laisser seule, même si je dois en souffrir. Il peut se passer beaucoup de choses dans ta tête et dans ton coeur en un an. Des blessures peuvent se refermer, des choses cassées peuvent se réparer.

Tu m'as quitté parce que ta peine a dépassé ta capacité à la surmonter. Mais ta peine peut se réduire. Ta capacité à la surmonter peut se régénérer. Peut-être trouveras-tu la force de me pardonner mes fautes et de m'accepter à nouveau pour ce que je suis, l'homme qui t'aime plus que tout au monde.

Nous nous sommes déjà séparé une fois, au tout début de notre histoire. Et nous sommes revenus ensemble plus forts qu'auparavant. Peut-être vivrons nous la même chose cette fois-ci encore ?

Je ne sais pas si c'est ce qui va se passer. Je ne te demande pas non plus de le penser ou de l'espérer. Je te demande seulement de te laisser le temps, de ne pas te précipiter. Au nom de tout ce que nous avons vécu ensemble, au nom de tout ce que nous pouvons encore vivre ensemble.

D'autres personnes sont passées par là et s'en sont remises. Nous ne sommes pas plus idiots ou moins amoureux qu'eux. Laissons-nous une chance.

Je souffre, mais je ne t'en veux pas, car mon amour pour toi est immense, bien plus que ma douleur.

Je t'aime,
M. Chapeau

samedi 20 juin 2009

La suite ...

Ma femme préfère les blondes, c'est fini. Un nouveau blog est né pour vous raconter la suite : M. Chapeau et les fleurs.

samedi 13 juin 2009

Plus rien n'a de sens

M. Chapeau et Mlle Coquelicot, c'est fini. Le blog, évidemment, mais surtout et d'abord le couple. Le couperet est tombé d'un coup, sans prévenir : Mlle Coquelicot n'aime plus M. Chapeau. Il est donc prié de retourner chez ses parents, en laissant tout sa vie derrière lui, à l'exception de ce qui tiendra dans une valise.

Ses enfants ne tiendront jamais dans une valise.

Son amour pour Mlle Coquelicot non plus.

lundi 8 juin 2009

E-Vrac 3

  • Une parodie de film porno (en anglais), plus exactement un faux générique de fin montrant les scènes coupées et les bévues. Certaines sont assez drôles.

  • Une mésaventure chez Chocolat cannelle à laquelle faire attention ! Dans le même genre, il m'est arrivé de faire tomber des préservatifs à la caisse du supermarché. Mais j'étais le seul à savoir qu'ils sont dans mon sac en cas d'aventure libertine imprévue. J'ai aussi des cartes du No Comment, mais elles sont bien rangées dans ma table de nuit plutôt que dans mon portefeuille, donc pas de danger de ce côté-là ! Enfin, jusqu'au jour où l'un de nos enfants fouillera dans notre chambre ...

  • Le nouveau site de Zebre et Tigrounet est ouvert !

  • De la difficulté de la double pénétration chez Comme une image.

  • Des billets sur la fellation se croisent chez Douces tentations et Sexactu (avec une suite). On parle aussi de préservatifs dans les commentaires, à comparer à notre propre expérience. Certains intervenants expliquent que les risques sont minimes sans éjaculation. J'aimerai que ce soit vrai, mais dans le doute, nous préférons continuer à prendre nos précautions.

lundi 18 mai 2009

Changement de libellés

A la création de ce blog, j'avais choisi les libellés des billets un peu au hasard. Voyant mieux avec le recul comme s'articulent nos écrits, je viens de les refaire de & à §. Vous avez maintenant une double classification par personnes et par lieux, visible sur le côté. L'occasion parfaite de se plonger dans nos archives !

samedi 16 mai 2009

Dépêche du front

Trois semaines depuis le dernier billet ... On pourrait croire qu'il ne s'est rien passé dans notre vie libertine ces derniers temps. Et c'est tout à fait exact.

Nous avançons lentement et à petit pas dans notre découverte de cet univers. On pourrait dire : prudemment. (D'ailleurs, malgré nos deux soirées et les presque six mois écoulés, je nous considère encore comme des débutants.) Prudemment donc, mais avec beaucoup de plaisir. Et de complicité.

Aujourd'hui, puisque l'envie de batifoler loin des sentiers balisés nous titille à nouveau, nous avons lancé une invitation et répondu à une autre.

L'invitation envoyée l'est à M. et Mme Invités. Dans un billet qu'elle voulait écrire après notre soirée passée ensemble, Mlle Coquelicot comptait vous dire pourquoi l'idée de rencontrer à la maison l'enchantait relativement peu. Pour résumer ce qu'elle m'en a dit, notre foyer est voué à la famille et au couple, et elle a peur de ne plus voir du même oeil un lit ou un divan où nous nous serions amusés à quatre.

Cette nouvelle invitation a donc pour cadre un club parisien où nous pourrions nous retrouver tous les quatre. Peut-être le Moon City, dont on nous vante les mérite à tour de bras. Peut-être ailleurs, pour changer du No Comment.

Une telle proposition est beaucoup plus explicite que tous les sous-entendus que nous nous étions glissés jusqu'ici. Nous verrons bien à leur réponse de quel bois ils sont faits. A moins qu'ils ne bottent en touche, évidemment.

Nous avons également répondu positivement à une invitation qui nous a été faite il y a quelque temps par un couple de libertins notoires ... euh, appelons-les M. et Mme Daguerre pour l'instant. Nous en sommes aux premiers contacts, et nous ne savons pas encore quelle forme prendra notre rencontre. En tout cas, nous l'imaginons déjà délicieuse.

Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre les réponses. C'était les dépêches du front, à vous les studios !

lundi 27 avril 2009

Et le tarot déshabilleur alors ?

Les Invités reprennent leurs places de l'apéro, tassés dans un coin. Ils parlent entre eux du fait qu'ils sont vraiment fatigués et qu'ils ne resteront pas longtemps. M. Invité se met à parler d'un sujet qui le passionne. Et il en parle encore, et encore. Et encore. Un peu plus d'une heure plus tard, nous leur souhaitons bon retour sur le pas de la porte.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ou plutôt : qu'est-ce qui ne s'est pas passé ?

En ce qui me concerne, pour commencer je n'ai osé aborder le sujet du libertinage pendant le repas. Je ne sais pas si c'était une erreur ou pas. Je ne l'ai pas senti, le bon moment n'est pas venu. Ensuite, au café, je n'ai pas mis en oeuvre mes techniques prévues de sensualisation de l'atmosphère. Là encore, ça m'aurait paru déplacé vu l'ambiance un peu tendue. Donc, pas de bougies, pas de caresses sur Mlle Coquelicot et encore moins de rapprochement. J'ai tout de même donné un baiser passionné à ma tendre, mais c'était plus par envie amoureuse que pour lancer quoi que ce soit.

Pourtant, juste après ce baiser, Mlle Coquelicot a senti chez nos invités un dialogue muet, M. tournant un regard interrogatif vers Mme. Si je l'avais vu moi-aussi, peut-être aurai-je poursuivi mon baiser selon mon plan initial. Mais je ne sais pas si cela aurait suffit à provoquer l'étincelle qui aurait mis le feu à la soirée. De toute façon, j'étais déjà ailleurs : sachant qu'il ne se passerait rien entre nous, je n'attendais plus que leur départ pour sauter sur Mlle Coquelicot.

Donc, contrairement à tous les signaux et sous-entendus que nous avions reçu et envoyé avant cette soirée, elle s'est terminée très sagement, sans que nous soyons plus fixés sur leurs intentions qu'auparavant. Ou presque.

Voyons les possibilités.
- Nous nous sommes totalement trompés à leur sujet, et ils ne sont pas du tout libertins.
- Nous ne nous sommes pas trompés, mais pour une raison ou une autre (fatigue, manque d'affinité), ils n'ont pas eu envie de conclure.
- Nous ne nous sommes pas trompés, mais ils préfèrent ne pas brusquer les choses, prendre simplement contact pour la première fois avant de passer aux choses (pas) sérieuses.
- Nous nous sommes à moitié trompés, et ils ne sont pas libertins pratiquants, mais nous les intéressons tout de même.

Avec une (petite) nuit de sommeil, la dernière hypothèse a ma préférence. Je dirais même que Mme Invitée est plus réticente que M., mais c'est peut-être juste qu'elle était plus fatiguée.

En tout cas, le jeu continue. La prochaine fois (si prochaine fois il y a, ce que M. Invité a souhaité explicitement), il faudrait que nous adaptions nos signaux et nos attentes à des grands débutants plutôt qu'à des vétérans, que nous soyons plus directs dans nos signaux et moins demandeurs des leurs.

Cela dit, nous sommes nous-mêmes tout juste débutants. Je ne sais pas si nous avons les reins assez solides pour initier un autre couple. Serons-nous assez à l'aise pour les mettre à l'aise ? Et surtout, il faut nous assurer qu'ils ont tous les deux envie de cette expérience. Nous ne voudrions pas les brusquer et par mégarde semer la zizanie dans leur couple.

Les choses sont quand même plus simples au No Comment...

vendredi 24 avril 2009

Un dîner vertical

Etrange première impression que d'accueillir chez nous des amis avec des intentions crapuleuses à l'esprit. J'ouvre la porte vitrée à Mme Invitée ; nos regards se croisent et nous les détournons avec embarras. Un soupçon de gêne ou de timidité peut-être ?

D'un point de vue strictement vestimentaire, nous ne sommes pas vraiment en phase. J'ai sorti une cravate, une chemise nu peu recherchée. Mlle Coquelicot est en jupe (comme à son habitude depuis l'année dernière) et a ses plus beaux bas. Mme Invitée est donc en jean et converse, son homme en jean également, avec un espèce de croisement étrange entre un pull et un marcel. Hum...

Là, je me suis dit que nous avions une vision différente du libertinage.

Nous entrons dans le salon pour l'apéro. Mme Invitée s'assied entre l'accoudoir du canapé et son mari, les bras croisés sur la poitrine. Ils ne font aucun geste vers nous, ils ne cherchent ni ne soutiennent nos regards. Comme des amis normaux quoi.

Là, je me suis dit que briser la glace sera plus difficile que prévu.

Nous nous transvasons dans la salle à manger. Le repas se passe bien, très bien même, mais les discussions restent définitivement verticales. Quelques perches tendues ne sont pas prises. Au fil de la discussion, nous comprenons que l'annonce que nous leur prêtions n'est pas d'eux : ils n'étaient pas encore ensemble quand elle a été rédigée. La discussion en vient au lieu où nous nous sommes rencontrés et où a été faite la boutade à l'origine de tout. La discussion repart vers d'autres lieux avant que je n'ai le temps d'évoquer cette boutade et d'approfondir son sens. Dommage, mais je doute de ma capacité à le faire de toute façon. L'ambiance n'y est pas.

Là, je me suis dit que s'ils comptent nous culbuter, ils cachent sacrément bien leur jeu.

Il est déjà minuit et nous repassons au salon pour le café.

jeudi 23 avril 2009

La symbolique de la jupe

La jupe est un pilier du libertinage. Obligatoire (ou fortement conseillée) dans les clubs, remplacée par un ersatz -le paréo- en sauna, elle est omniprésente. Ce n'est pas seulement le signe d'une vision désuète de la femme ou d'une pression pour renforcer le diphormisme sexuel dans ces lieux de perdition à l'éclairage défaillant.

Non, la jupe est surtout un symbole, un indicateur de libertinage. Lorsqu'une femme porte une jupe (dans ce contexte), c'est aussi une façon de libérer son sexe. Combinée à des bas, voire à une absence de sous-vêtements, la jupe est une barrière de moins à franchir, et plus encore, c'est une barrière dont l'absence est visible et constatable par tous. Un symbole donc.

Inversement, le pantalon sert à cacher, mais aussi à emprisonner, à protéger. Une femme qui entre en pantalon dans un club le fait à reculons, peut-être plus pour voir que pour participer. Du moins, c'est l'image qu'elle donne, ce qui explique qu'elle risque de trouver porte close.

Evidemment, ce n'est qu'une symbolique. On peut parfaitement être une simple touriste tout en portant une jupe fendue comme une bûche de Noël, ou au contraire être chaude comme un moteur à explosion tout en portant un pantalon même pas trop petit de deux tailles.

Toutefois, lorsque j'ai vu Mme Invitée arriver en jean et en converse, je me suis dit que la soirée n'allait peut-être pas prendre le tour que nous avions imaginé.

mardi 21 avril 2009

Tirer des plans sur la soirée

Laume nous demande comment nous envisageons notre première rencontre libertine à la maison, qui aura lieu bientôt. Il faut dire que même Mlle Coquelicot s'interroge sur la question. Et bien, voilà comment je vois les choses.

Tout d'abord, nous sommes à peu près certains que nos invités sont libertins. Vous vous en souvenez peut-être, nos doutes à leur propos ont commencé avec une boutade, qui consistait à inviter Mlle Coquelicot dans leur lit. C'est en leur reparlant plus tard de cette invitation que j'ai lancé l'idée d'organiser une soirée ensemble. Ils ont répondu positivement avec moult smileys de connivence. Pour le choix de la date, nous nous sommes mis d'accord qu'il serait mieux que nos enfants ne soient pas là, au cas où nous déciderions de jouer ensemble au tarot déshabilleur...

Bref, c'est assez clair. Il se trouve aussi que je suis tombé par hasard sur une annonce sur un site échangiste qui leur correspond étrangement. (Note pour plus tard : ne pas mentionner nos professions si un jour j'écris une annonce libertine.) Si c'est bien eux, nous apprenons à l'occasion que Mme Invitée est "timide mais délurée". Joli programme !

Donc, même si l'annonce n'est pas la leur, je n'ai pas de doute sur la coquinerie de leurs intentions. Ce qui ne nous dit pas s'ils sont mélangistes, échangistes, séparatistes, côtacotistes ou jenesaisquoitistes, ou quelles peuvent être leurs limites. Cela, nous le verrons sur place.

Maintenant, comment vois-je la soirée ? Pour commencer, j'imagine un repas bêtement vertical. Nous ne manquerons sûrement pas de sujets de conversations classiques sur nos enfants, nos travails respectifs. Au dessert, je m'imagine bien leur demander directement depuis combien de temps ils sont libertins. S'ils le sont (et j'en suis sûr à 98%), nous pourrons alors comparer nos expériences et enchaîner sur leurs limites (dans les grandes lignes, je n'ai pas non plus envie de faire une checklist de 3 pages en corps 8). S'ils ne le sont pas... eh bien, nous saurons de quoi parler pour le reste du repas !

Ensuite, nous irons prendre le café dans le salon, que j'aurais à l'avance débarrassé de toute trace familiale ou inopportune. J'allumerai peut-être un feu dans la cheminée, sinon des bougies. J'embrasserai passionnément Mlle Coquelicot, je passerai la main sur son corps, sur ses jambes. Si notre invitée est bi, je laisserai ensuite les dames entamer les échanges par de douces caresses. Sinon, je tendrai la main ou la bouche vers cette nouvelle partenaire. Et ...

Hum. Pour la suite, il est très certainement contre-productif de faire des plans à l'avance... même si je ne peux empêcher certaines images de me venir à l'esprit !

lundi 20 avril 2009

Une nouvelle étape

Tout est allé très vite depuis que nous nous sommes décidés à franchir le pas du libertinage.

Monsieur Chapeau était aussi tenté par une expérience hors-club. Je ne voyais pas ça vraiment possible: qui ? Quelqu'un qu'on connaît déjà, heu non, je ne crois pas; quelqu'un qu'on ne connaît pas, heu non, je ne le sens pas (oui, je suis pénible, mais j'ai des qualités aussi, faut pas croire).

Et puis, comme bien souvent dans ma vie, une occasion s'est présentée. Doucement, tranquillement, et même agréablement. Un couple d'amis retrouvés, avec qui nous avons des affinités (intellectuelles, là, ...) s'avère très probablement libertin.

Nous allons les recevoir. Bien bien bien. Chouette et gasp, aussi.

Chouette parce que c'est vraiment une belle occasion. Ils sont sympas, ont notre âge, nous plaisent. Nous ne les connaissons ni trop, ni trop peu. Nous avons discuté électroniquement ; il est clair qu'ils ne viennent pas que pour dîner. Enfin je crois.

Gasp sur le plan pratique: comment mène-t-on ce genre de soirée? Ah, je vous entends déjà me répondre "laissez faire, tout cela va venir naturellement". Oui, d'accord, mais en fait non. J'aimerais un peu plus de points de repère, moi. Nous allons dîner, bien. Devons-nous parler de nos libertinages respectifs? Etre précis sur ce que nous aimerions et pouvons faire? Et après le dîner, on fait comment? "Alors heu si on allait s'envoyer en l'air tous les quatre, ça vous dit?".

Gasp, je vous dis.

Cela dit, j'en ai envie. Je suis heureuse de cette occasion, même. Mais voilà, c'est nouveau, et particulier, tout de même...

dimanche 19 avril 2009

Aujourd'hui

En quelques mois, mais après des années de réflexion et de discussion, nous sommes devenus libertins. J'aime bien, ce mot, libertin. Wikipedia en dit : "dans sa version d’origine, le libertin est celui qui remet en cause les dogmes établis, c’est un libre penseur (ou libertin d’esprit) dans la mesure où il est affranchi, en particulier, de la métaphysique et de l’éthique religieuse ; le sens qui prévaut de nos jours se réfère au libertin de mœurs, c’est-à-dire celui qui s’adonne aux plaisirs charnels avec une liberté qui dépasse les limites de la morale conventionnelle et de la sensualité bourgeoise normale, mais aussi, avec un certain raffinement cultivé.". Bon, je sais bien que Wikipedia ne dit pas que des choses vraies. Mais dans cette définition, plusieurs aspects me plaisent.

D'abord, je ne crois pas être libre-penseur, dans la mesure où la pression de la société, des autres, des conventions m'a toujours beaucoup pesé. Pourtant, j'aurais aimé. Bien sûr, j'ai mes opinions, mes ressentis et mes pulsions, mais je les faisais passer après le filtre du comme-il-faut. C'est en voie de changer, en bien, notamment grâce à nos expériences récentes.

Ensuite, et c'est une conséquence, "dépasser les limites de la morale conventionnelle et (...) bourgeoise" me ravit franchement. D'autant que ce "certain raffinement cultivé" me plaît aussi. Mais c'est fait pour moi, le libertinage... Ou alors c'est l'inverse, et c'est bien aussi.

Ce raffinement, je l'ai ressenti au No Comment. La déco est baroque (oui, un peu kitch par certains aspects, et alors?), l'établissement chic, les participants "bien habillés", voire "beaux", comme j'ai pu le lire sur des sites ou des blogs. Parfois ces remarques étaient négatives sous le clavier de leurs auteurs. Je ne comprends pas pourquoi. Personnellement, un type au cheveu gras et en marcel ne m'excite pas. Mais alors pas du tout. Et pourquoi reprocher à ces gens de soigner leur apparence? En club, on séduit, donc on souhaite attirer; cela ne mérite-t-il pas un petit "effort"? Il ne s'agit pas de se déguiser, mais juste de faire preuve de respect vis-à-vis de soi et des autres, je pense.

Et d'ailleurs, le physique pur ne fait pas tout. Lors de notre dernière visite en club, le couple avec lequel nous avons partagé un (très) bon moment ne correspondait pas à mes idées premières en matière d'attirance. L'homme plus âgé que nous et ventru, la femme bien en chair. Elégants, cela dit, justement. Je ne crois pas que nous serions allés vers eux de nous-mêmes. Mais pourtant, quelle douceur de leur part, quelle attention à l'autre, quel plaisir partagé; cette femme à la peau si douce et aux gestes attentionnés avait un sourire magnifique et heureux et des yeux malicieux et intelligents. C'est un peu le hasard qui nous a placés côte à côte.

Mais il a bien fait les choses.

dimanche 12 avril 2009

mardi 7 avril 2009

Dialogue, dialogue

Le dialogue, déjà important dans n'importe quel couple, l'est plus encore pour un couple libertin. Nous avons beaucoup parlé avec Mlle Coquelicot avant de passer à l'acte, et nous en parlons encore beaucoup. Cela n'empêche pas les quiproquos ou les incertitudes quand aux attentes de l'autre.

Par exemple, quand j'ai dit à Mlle Coquelicot que je trouvais dommage que nos soirées au No Comment soient si fatigantes, elle m'a aussitôt répondu, vaguement inquiète, en me réaffirmant qu'elle ne voulait pas que nous y allions trop souvent. Pensait-elle que je souhaitant y retourner dans la semaine ou dans le mois ? Ce n'était pas mon propos. Je me déplorais simplement d'être fatigué, sans arrière-pensées.

( En fait, je n'ai pas envie de retourner en club libertin dans l'immédiat. Et pas seulement pour une question de fatigue, de temps ou de finance. Deux choses me retiennent. D'une part, notre jeu d'approche avec un couple d'amis occupe suffisamment mes pensées libertines. D'autre part, je me demande si l'excitation procurée par le simple fait d'être dans un club libertin n'est pas susceptible de s'émousser rapidement, trop rapidement. S'habitue-t-on à voir des inconnus faire l'amour à côté de nous, ou cela reste-t-il un spectacle excitant même après des dizaines de soirées libertines ? )

Pour ma part, quand Mlle coquelicot m'a dit que l'on devait établir le planning de nos week-ends à venir avant de lancer des invitations, je me suis demandé quelles activités elle prévoyait pour ces week-ends ? Avait-elle des intentions coquines ? Nooon... ou si ?

Ce blog est aussi un moyen de communication entre nous. Hélas, Mlle Coquelicot n'a pas le temps d'y écrire comme elle le voudrait, alors qu'elle comptait donner son point de vue sur notre dernière soirée et répondre à mes billets. Bientôt peut-être ?

mercredi 1 avril 2009

Un message de la direction

Cher public,

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous ne sommes pas en mesure de faire une farce de premier avril aujourd'hui. Elle aura lieu à une date ultérieure, que nous annoncerons dès que possible. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée, et espérons vous revoir bientôt sur notre blog.

Merci de votre attention.

Amicalement,
M. Chapeau et Mlle Coquelicot

lundi 30 mars 2009

E-Vrac 2


Tout se passe pour le mieux jusqu’au moment où j’entends une femme s’adresser à Marie en lui disant bonsoir d’une façon étrange. Je vois Marie blêmir. Je regarde le couple, mais ne les connaît pas et ne comprend pas la réaction de ma chérie. Le couple s’installe une table plus loin presque face à nous.
J’interroge Marie du regard et elle me répond dans un souffle : « 
c’est ma patronne… ».


  • Je veux un costume de super-lapin !
  • Notre club libertin d'élection, le No Comment, a maintenant un forum dédié. C'est pour l'instant très vide ; inscrivez-vous en masse !
  • A propos, le No Comment organise une soirée Jungle début juin. Je ne sais pas ce qu'ils ont prévu exactement, mais cela me met en tête des images de Mlle Coquelicot en Jane, à demi-nue sous une peau de bête ... miam.
  • Un nouveau site d'information et de critique sur le libertinage à Paris : paris-coquin.
  • Pour finir, vous prendrez bien un verre de Dita Von Teese ?

samedi 28 mars 2009

Reconnaître des échangistes ?

Comment reconnaître un couple libertin en dehors d'un club ? Je m'étais déjà intéressé à la question avant qu'elle ne me soit utile. L'idée de rencontrer un couple dans des circonstances ordinaires, c'est-à-dire hors d'un club dédié à ces rencontres, de comprendre que nous leur plaisons, de leur faire comprendre que c'est réciproque, et d'amener cette relation à une conclusion sortant des sentiers battus, cette idée, donc, a quelque chose de terriblement excitant.

Pourquoi ? Eh bien, il y a d'abord le jeu de la séduction que l'on pratique à deux pour changer. Certes, cela peut sembler étrange de l'extérieur, mais c'est un fait que flirter de concert est un moment de grande complicité dans un couple. Nous n'en avons encore vécu que des balbutiements avec Mlle Coquelicot, mais j'en suis toujours sorti très amoureux. Et je précise : d'elle, pas de nos proies !

Il y a aussi le plaisir de l'incertitude. Chaque réaction de leur part est analysée : simple marque d'amitié ou de politesse, ou sous-entendu coquin ? Tomberont-ils dans nos filets, ou passeront-ils à travers sans même les voir ? Après une adolescence calme et quinze ans de relation stable, on se découvre une vie de personnage de soap opéra ou de roman Harlequin particulièrement osé.

Pour l'instant, tout cela, nous ne l'avions vécu qu'en club. En dehors du fait que l'on ne peut pas plaire à tout le monde, les couples ne sont pas tous échangistes, même dans ce lieu particulier. Beaucoup sont là seulement pour regarder et rester entre eux, sans contact avec d'autres personnes. Identifier l'orientation de chacun n'est pas facile. Cela ne se fait vraiment qu'en tentant le coup.

Oui, mais, depuis peu, nous nous posons le même genre de questions ... à propos d'un couple d'amis. Des amis récents, et coupés du reste de notre clique, donc "tenter le coup" n'est pas totalement inenvisageable, mais cela demande plus d'assurance sur leurs intentions que nous n'en avons pour l'instant. Nous avons eu plusieurs échanges sur le thème de la sexualité, toujours sur le mode de l'humour, qui nous font penser que ce sont des gens aussi dévergondés que nous. Ils ont ensuite évoqué le libertinage sur le même mode. C'était clairement une boutade, mais n'était-ce que cela ?

Nous n'osons pas leur poser la question directement, de peur de gâcher notre amitié. (Et aussi pour faire durer cette période de jeu qui est plaisante en soi, peut-être même plus qu'une éventuelle concrétisation.) Pour l'instant, nous nous contentons d'attendre qu'une autre conversation dérape sur le sujet pour en savoir plus. Tout cela s'étant déroulé par écran interposé, nous en apprendrons sûrement plus la prochaine fois que nous les verrons en personne.

Comment savoir s'ils sont libertins sans trop nous mouiller nous-mêmes ? Avez-vous une idée, chers lecteurs ? Auriez-vous déjà été confrontés à ce genre de situation ?

jeudi 26 mars 2009

La peau dans la peau

Nos soirées en club libertin ont été l'occasion de découvrir des vérités lapalisséennes. Des choses que je savais, mais auxquelles je n'avais jamais été confronté. Comme, par exemple, le fait que toutes les femmes sont différentes, au point de vue de la morphologie générale, et du sexe en particulier. J'en étais convaincu, certes, mais cela m'a tout de même frappé (pour ainsi dire) différemment quand j'ai pu le constater de lingus.

L'autre chose phénoménale bien qu'attendue, c'est que les femmes sont douces. Toutes. Enfin, les trois que j'ai eu la chance de caresser. Quatre même en comptant Mlle Coquelicot. Elles sont douces, donc, d'une douceur qui m'a confondu, et que je ne saurais décrire avec justesse. Plus que de la peau de bébé, tiens, c'est dire.

Quand je caresse Mlle Coquelicot en club, sa peau n'offre pas la même sensation qu'à la maison. Elle aussi devient extraordinairement douce... C'est étrange. Peut-être est-ce un effet délibéré travaillé par les patrons du club ? Une drogue dans les boissons ? Un parfum doux dans l'air ? Peut-être un adoucissant dans le savon, qui fait que tout ce que l'on touche à l'air plus doux, alors que ce sont en fait nos mains qui sont abrasées ?

Quoi qu'il en soit, j'essaye d'entretenir cette sensation. Mlle Coquelicot emporte toujours un peu de cette texture de qualité avec elle, sur elle. Je cherche les parties de son corps qui la conserve le mieux. Ses avant-bras, ses cuisses, ses pieds et son visage sont maintenant les destinataires favoris de mes caresses. Chaque contact me ramène dans ce palais de la volupté où les peaux sont comme des tissus exotiques.

mardi 24 mars 2009

E-vrac

(* liens à ne pas ouvrir au bureau, sauf si vous travaillez à Playboy)

dimanche 22 mars 2009

Fatalitas

Causes et conséquences sont parfois difficiles à discerner. J'étais assez nerveux depuis le début de la semaine, m'interrogeant sur la qualité de la soirée que nous allions vivre. J'avais l'estomac noué par intermittence. Pour autant, je ne voyais pas de raison à cette angoisse, mon état d'esprit étant celui que je décris dans le billet précédent. On ne se contrôle pas toujours soi-même, me disais-je. Cela passerait une fois sur place.

En fait, à peine assis sur un confortable divan du No Comment, mon état n'a fait qu'empirer. En regardant les gens autour de moi, en les envisageant, j'étais pris de palpitations dans les bras, mon pouls s'accélérait, la tête me tournait. Je ne me sentais pas bien. Comment cette soirée que j'attendais depuis si longtemps pouvait me stresser à ce point ?

J'ai eu la réponse un peu plus tard. Je vous passerai les détails, mais j'étais en fait tout bêtement malade. Mon stress n'était pas une cause, mais une conséquence. Inversement, mon mal de ventre n'était pas une conséquence, mais une cause. Ouf. Mais aussi, damnation.

Nous sommes tout de même allés dans les alcôves. Mlle Coquelicot était chaude comme la braise, des couples faisaient l'amour tout autour de nous. Et moi, je ne pouvais penser qu'à mes efforts pour rester debout et entier...

Heureusement pour moi, Mlle Coquelicot est déterminée. Après quelques faux-départs par ci par là, elle finit par m'attirer sur le grand lit, et releva sa jupe pour que je glisse la tête entre ses jambes.

Je vous ai déjà dit qu'elle était un aimant à femmes ? A peine avais-je commencé à darder la langue qu'elle s'est retrouvée avec une coquine entre les bras. La suite fut délicieuse, en tout point ce que nous espérions vivre, bien loin de la brusquerie de nos rencontres précédentes. Je remercie ce couple pour sa douceur, sa prévenance et sa gentillesse.

Après nous être mélangés, ils sont repartis et Mlle Coquelicot et moi avons fait l'amour tous les deux, de façon débridée et merveilleusement bonne, en plein centre du grand lit. Nous sommes sortis des alcôves sonnés, moi par ma maladie et elle par la fatigue. Nous avons dansé un peu, puis après un dernier tour dans la partie obscure, nous sommes repartis. Si nous avions eu plus d'énergie, j'aurais pourtant bien tenté une deuxième rencontre... mais il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre (surtout quand il est malade !), sans compter que je préférais rester sur cette (très) bonne impression.

Nous sommes sortis bien plus satisfaits que lors de notre premier essai. Les doutes qui avaient suivis se sont envolés (même s'ils subsistent sous la forme de prudence). Il semble donc que le libertinage soit parti pour devenir une composante durable de notre relation. Chouette !